Le baromètre crédits d'Eloa pour septembre 2026 vient de sortir et il pose le décor de la rentrée : 3,35% en moyenne, des barèmes bancaires qui repartent doucement vers le haut, des primo-accédants qui pèsent désormais plus d'un dossier sur deux. Reste la question qui nous occupe en agence : ce que ces moyennes nationales veulent dire quand vous achetez ou vendez à Montpellier et dans les communes du nord de la métropole.
Ce que dit le baromètre de septembre 2026
Eloa agrège les barèmes de ses partenaires bancaires et publie chaque mois une photographie du crédit immobilier en France. L'édition de septembre, bâtie sur les dossiers déposés en août, retient un taux moyen de 3,35% toutes durées confondues.
Le détail par durée d'emprunt :
| Durée d'emprunt | Taux moyen | Évolution sur un mois |
|---|---|---|
| 10 ans | 3,13% | +0,12 point |
| 15 ans | 3,18% | -0,04 point |
| 20 ans | 3,28% | +0,01 point |
| 25 ans | 3,39% | +0,08 point |

Taux moyens par durée constatés en août 2026. Source : Eloa.
La hausse moyenne de rentrée ressort à +0,04 point. Sur une mensualité, autant dire rien du tout. La direction compte davantage que l'ampleur : les banques ont tenu leurs barèmes pendant tout l'été et commencent à répercuter le coût de leur refinancement. Le 15 ans fait exception avec son léger repli, ce qui en fait aujourd'hui la durée la mieux traitée du marché, pour les emprunteurs qui encaissent la mensualité qui va avec.
Le profil de l'emprunteur à la rentrée
Au-delà du taux, le baromètre donne le portrait-robot du candidat au crédit : 37 ans, 5423€ de revenus mensuels, 82380€ d'apport. Cet apport a fondu d'environ 4000€ en un mois.

Les caractéristiques du prêt moyen : capital, durée, mensualité, endettement. Source : Eloa.
Le prêt moyen porte sur 349168€ de capital, remboursés en 277 mois, un peu plus de 23 ans, pour une mensualité de 1157€ assurance comprise et un endettement de 30,38%. Apport inclus, le budget d'acquisition moyen dépasse donc 430000€, frais compris.
La baisse de l'apport nous intrigue plus que le reste. Deux lectures possibles : des ménages qui gardent une épargne de précaution parce que la rentrée est illisible ou des banques un peu moins gourmandes sur la quotité financée. Nous penchons franchement pour la première. Quoi qu'il en soit, la leçon reste la même en comité de crédit : ce qui se joue, c'est moins le montant versé le jour de la signature que ce qui reste sur le compte une fois la clé récupérée.
Les primo-accédants portent le marché
54% des demandes de financement, deux points de plus en un mois. Voilà le chiffre qui nous a le plus parlé. Leur profil moyen : 32 ans, 3081€ de revenus mensuels, 56779€ d'apport, 225507€ empruntés sur 287 mois, à 3,37%, pour 1142€ par mois assurance comprise.

Le primo-accédant type de la rentrée 2026. Source : Eloa.
Comparé à la moyenne générale, cela fait environ 24000€ d'apport en moins et 120000€ de capital en moins. Traduction : ils achètent plus petit, plus loin ou les deux. Nous le voyons chaque semaine en rendez-vous, cette clientèle arbitre entre un appartement dans Montpellier et quelques mètres carrés de plus en périphérie.
Ce que cela donne à Montpellier et dans sa périphérie
Une moyenne nationale ne dit rien tant que nous ne la frottons pas aux prix du secteur. À Montpellier, le prix moyen s'établit autour de 3645€ le mètre carré après la correction du premier trimestre 2026.
Prenons le budget moyen du baromètre : 349168€ empruntés, 82380€ d'apport, environ 430000€ en poche. Frais de notaire et de garantie déduits, il reste près de 400000€ pour le bien lui-même, soit à peu près 110 m² au prix moyen montpelliérain. À ce niveau, la maison familiale à Castelnau-le-Lez, Prades-le-Lez ou Saint-Gély-du-Fesc reste dans la cible, à condition d'accepter une négociation serrée sur les biens les mieux placés. Nous signons régulièrement dans cette fourchette.
L'équation du primo-accédant type est nettement plus tendue : 282286€ de budget total, environ 260000€ pour le bien une fois les frais payés, un peu plus de 70 m² au prix moyen de la ville. Sur les quartiers recherchés, cela donne un T3 ou un T4 à rafraîchir. C'est ce public qui alimente la reprise des compromis que nous constatons depuis le début de l'année et c'est lui qui regarde vers les communes du nord de la métropole, là où le rapport entre la surface et le prix redevient tenable pour un premier achat.
En début d'année, nous avions détaillé le lien entre taux de crédit et capacité d'achat à Montpellier. La comparaison des deux baromètres ne réserve pas de surprise : la part des primo-accédants recule légèrement, 58,1% au premier trimestre contre 54% aujourd'hui et leur budget moyen n'a quasiment pas bougé. Le marché tient sur eux et personne n'est venu prendre le relais.
Les répercussions pour les acheteurs
D'abord une affaire de calendrier. Ludovic Laborde, CEO et cofondateur d'Eloa, table sur une fin d'année à prix élevés et à taux orientés à la hausse, avec des bons dossiers qui décrocheraient encore "sous 3,20% sur 20 ans". Attendre une détente des taux pour acheter, c'est donc parier contre le scénario central des courtiers. Nous avons vu assez d'acquéreurs repousser leur projet d'une saison, puis d'une autre, pour savoir ce que ce pari finit par coûter.
Ensuite la qualité du dossier. Ce seuil de 3,20% sur 20 ans ne se distribue pas au guichet : il suppose 10 à 20% d'apport, une épargne qui survit à l'opération, des revenus lisibles. Les autres profils gardent de la marge, notamment parce que les banques cherchent à capter des clients en cette rentrée. Mettre deux ou trois établissements en concurrence ou confier le dossier à un courtier, se rentabilise vite.
Reste l'assurance emprunteur, le levier que presque personne n'actionne. 89% des emprunteurs souscrivent le contrat groupe de leur banque, pour un coût moyen de 25597€ sur la durée du prêt. Sur un profil jeune et en bonne santé, une délégation individuelle fait souvent tomber ce poste de plusieurs milliers d'euros, sans toucher au taux nominal. C'est le seul endroit du dossier où deux signatures rapportent autant.
Et pour les vendeurs ?
Un marché financé à 54% par des primo-accédants est un marché où la solvabilité de l'acheteur se compte au millier d'euros près. Un bien affiché 10% au-dessus de sa valeur ne remonte même plus dans les filtres de recherche de cette clientèle, dont la mensualité plafonne autour de 1150€. Il ne se vend pas moins cher : il ne se visite pas.
Notre position n'a pas changé d'un iota. Le prix juste dès la mise en marché sépare une vente en six semaines de six mois d'annonce qui s'abîme. À Montpellier comme dans les communes du nord de la métropole, les biens correctement positionnés trouvent preneur, la demande est là. Ce sont les prix d'appel déconnectés du pouvoir d'achat réel des ménages qui restent à quai et qui partent souvent sous leur valeur après trois baisses successives. Avant de publier une annonce, une estimation appuyée sur les ventes réelles du secteur évite ce faux départ.
Notre lecture de cette rentrée
Le crédit coûte un peu plus cher qu'en juillet et reste accessible aux dossiers préparés : 3,35% en moyenne, mieux que cela pour les meilleurs profils. Les primo-accédants font la demande et leur budget pousse mécaniquement une partie des recherches vers la périphérie montpelliéraine. Côté acheteur, la structure du dossier pèse plus lourd que le mois choisi pour signer. Côté vendeur, le prix se cale sur la solvabilité réelle de cette demande, pas sur ce que valait le bien du voisin il y a trois ans. Alpaca Immobilier travaille les deux côtés de la table, de l'estimation au compromis : si vous en êtes là, parlons-en.
Source principale : Baromètre Crédits - Septembre 2026, Eloa, publié le 26 août 2026. Les graphiques reproduits dans cet article en sont issus.
Autres baromètres consultés pour recouper la tendance de la rentrée :
- Baromètre des taux de crédit immobilier, Tout Sur Mes Finances
- Les taux de crédit immobilier en septembre 2026 : tendances et prévisions, Capifrance
- Baromètre des taux immobiliers, CAFPI
- Crédit immobilier : vers une hausse générale des taux à la rentrée de septembre 2026, Bourse des Crédits


