Depuis le 1er janvier 2026, le DPE ne se calcule plus de la même façon. Des centaines de milliers de logements ont gagné une lettre sans qu'un seul radiateur ait bougé. Sauf que le gain ne tombe pas tout seul dans votre dossier : sur un diagnostic déjà réalisé, il faut aller le chercher. Le calendrier des interdictions, lui, n'a pas reculé d'un jour.
Ce qui a changé exactement
L'arrêté du 13 août 2025 a touché au coefficient de conversion entre énergie finale et énergie primaire pour l'électricité : 2,3 auparavant, 1,9 depuis le 1er janvier 2026.
En clair, le calcul considérait jusque-là qu'il fallait mobiliser 2,3 kilowattheures à la source pour qu'un seul arrive chez vous. Le mix électrique français est très largement décarboné, ce facteur a donc été revu à la baisse. Un logement chauffé à l'électricité voit sa consommation en énergie primaire baisser d'environ 17% du jour au lendemain, sans qu'un centimètre d'isolant ait été posé.
Le ministère de la Transition écologique estime qu'environ 850 000 logements sortent du statut de passoire thermique avec ce seul changement. À Montpellier, vu le nombre de studios et de T2 chauffés aux convecteurs dans le parc locatif, la part de biens concernés dépasse nettement la moyenne nationale.
Nous l'avions signalé dès janvier dans notre panorama de ce qui change en 2026 pour votre patrimoine. Depuis, le constat de terrain est têtu : la plupart des bailleurs concernés ne l'ont toujours pas fait valoir.
Le calendrier des interdictions, lui, n'a pas bougé
Contrairement à ce qui circule dans les dîners de famille, aucun report n'a été voté. La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 s'applique telle quelle et les députés ont explicitement rejeté un assouplissement en janvier 2025.
| Classe DPE | Interdiction de mise en location |
|---|---|
| G | depuis le 1er janvier 2025 |
| F | à partir du 1er janvier 2028 |
| E | à partir du 1er janvier 2034 |
L'interdiction vise les nouveaux baux, les renouvellements et les reconductions tacites. Un bail en cours signé avant l'échéance va jusqu'à son terme. En revanche, pas de reconduction tacite possible tant que le logement n'est pas revenu dans les clous.
Pour mémoire, un logement bascule en G au-delà de 420 kWh/m²/an d'énergie primaire ou au-delà de 100 kg de CO2 équivalent par m² et par an. C'est le plus défavorable des deux critères qui décide du classement. Autrement dit, faire baisser la consommation sans toucher au mode de chauffage ne suffit pas toujours.
Reste aussi le seuil de décence énergétique, en vigueur depuis janvier 2023 : au-delà de 450 kWh/m²/an d'énergie finale, le logement n'est pas décent, donc pas louable, quelle que soit sa lettre.
L'attestation ADEME est gratuite, mais elle ne vient pas toute seule
Un DPE réalisé avant le 1er janvier 2026 n'est pas recalculé automatiquement. Le document qui dort dans votre dossier affiche toujours l'ancienne étiquette et l'ancien coefficient. Remis tel quel à un candidat locataire ou à un acquéreur, c'est cette lettre-là qui fait foi.
La nouvelle, il faut aller la chercher, sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME. Vous saisissez le numéro de votre DPE, celui qui figure en haut du document et l'attestation se télécharge dans la foulée. Aucune visite de diagnostiqueur, aucun frais. Elle remplace l'étiquette d'origine, garde exactement la même durée de validité que le diagnostic et s'utilise aussi bien pour une vente que pour une mise en location. Il existe la même chose pour les audits énergétiques réalisés avant le 1er janvier 2026.
Deux réserves. L'attestation est facultative : votre ancien DPE reste valable et personne ne viendra vous la réclamer. Et elle se contente de recalculer l'énergie primaire à partir des données déjà saisies. Si le diagnostic d'origine a été bâclé ou rempli avec des valeurs par défaut faute de justificatifs, l'attestation recopiera les mêmes approximations.
Quand refaire un DPE complet reste la meilleure option
L'attestation gratuite règle le cas du chauffage électrique. Elle ne règle pas tout.
Repasser un diagnostic entier se justifie quand votre DPE date d'avant juillet 2021, puisqu'il relève de l'ancienne méthode. Même chose s'il a été établi sans que vous ayez fourni les factures de travaux et les caractéristiques réelles des matériaux. Et évidemment si vous avez isolé, changé les menuiseries ou remplacé la production d'eau chaude depuis. Comptez entre 120 et 250€ selon la surface dans l'agglomération montpelliéraine.
Un cas que nous croisons souvent : un T2 classé F en 2023, diagnostiqué à la va-vite, qui ressort en D une fois l'isolation des combles justifiée et le nouveau coefficient appliqué. Deux lettres d'écart sur le papier. En pratique, un bien qui se loue au lieu d'un bien bloqué.
Ce que risque un bailleur qui loue quand même
Un locataire qui découvre que le logement n'aurait jamais dû être proposé à la location saisit le tribunal du lieu de situation de l'immeuble. Le juge peut accorder des dommages et intérêts, imposer les travaux, voire annuler le bail.
Autre angle, souvent oublié : une annonce qui affiche une classe énergétique erronée relève de la publicité trompeuse. L'amende administrative peut atteindre 3000€ pour un particulier et 15000€ pour une personne morale.
Nous détaillons l'ensemble des obligations documentaires dans notre article sur les risques d'une location sans diagnostics et le détail de chaque pièce dans les diagnostics immobiliers obligatoires.
Les aides en 2026 : MaPrimeRénov' a rouvert
Le guichet MaPrimeRénov' a fermé au 1er janvier 2026, le temps que le budget soit adopté, puis rouvert le 23 février 2026. Les dossiers se déposent à nouveau normalement.
Côté bailleurs, quelques règles encadrent l'accès :
- le nombre de logements finançables est plafonné à trois par bailleur sur cinq ans, depuis le 1er juillet 2024 ;
- en contrepartie, vous vous engagez à louer pendant six ans ;
- les forfaits liés au chauffage au bois ont baissé d'environ 30% et les plafonds de revenus ont été relevés d'environ 1%.
Un réflexe utile à Montpellier : les aides de la Métropole et du Département de l'Hérault se cumulent souvent avec l'aide nationale et personne ne vous les proposera spontanément. À regarder avant de déposer un dossier, pas après.
Ce que nous vous conseillons de faire cette semaine
Reprenez la liste de vos biens, en location comme en projet de vente et notez pour chacun la classe DPE et la date du diagnostic. Un tableau de cinq lignes suffit.
Pour tout logement chauffé à l'électricité et diagnostiqué avant 2026, l'attestation se récupère sur l'Observatoire de l'ADEME. Cinq minutes de démarche et parfois une mise en location débloquée ou un prix de vente qui remonte.
Sur les biens classés F, n'attendez pas de report : l'échéance de 2028 est dans moins de deux ans et entre un devis de rénovation et une fin de chantier, le délai réel dépasse largement les six mois dans l'Hérault en ce moment.
Vous voulez faire le point sur un bien précis ? Nous regardons votre DPE avec vous et nous vous disons franchement si l'attestation gratuite suffit ou s'il faut repasser un diagnostiqueur. Contactez-nous, c'est sans engagement. Et si vous confiez déjà votre bien en gestion locative, nous nous chargeons de la démarche pour vous.
Questions fréquentes
Mon DPE de 2024 est-il encore valable en 2026 ? Oui. Les DPE établis depuis juillet 2021 restent valables dix ans. L'attestation de nouvelle étiquette ne raccourcit rien, elle reprend la durée du diagnostic d'origine.
L'attestation ADEME remplace-t-elle le DPE dans le dossier de location ? Non. Vous fournissez toujours le DPE, avec l'attestation qui en actualise l'étiquette.
Je vends, je ne loue pas. Cela me concerne-t-il ? Oui et parfois même davantage. Une étiquette qui passe de F à E fait tomber l'obligation d'audit énergétique à la vente et supprime la mention d'interdiction future dans l'annonce. Sur un marché montpelliérain qui a corrigé au premier trimestre, l'argument compte.
Le coefficient peut-il encore bouger ? Rien n'est annoncé à ce jour. Le DPE a déjà été révisé en 2021, puis en juillet 2024 pour les petites surfaces, puis en 2026. La tendance de fond va vers un durcissement des exigences : la révision de 2026 corrige un biais de calcul, elle n'allège pas l'ambition.



