Les avis de taxe foncière arrivent en ligne le 27 août. Pour les propriétaires des 31 communes de Montpellier Méditerranée Métropole, l'écart avec 2025 va se voir : le conseil métropolitain a multiplié sa part par 36 le 28 avril dernier. Voici ce que cela donne sur un avis et ce qu'il vous reste à faire avant l'échéance d'octobre.
Deux hausses qui se cumulent
Votre taxe foncière, c'est une base multipliée par des taux. La base, c'est la valeur locative cadastrale de votre bien, à laquelle l'administration applique un abattement forfaitaire de 50%. Les taux, ce sont ceux votés chacun de leur côté par la commune et par l'intercommunalité, auxquels s'ajoutent les taxes annexes, à commencer par celle sur les ordures ménagères.
Cette année, les deux termes bougent en même temps.
D'abord la base : +0,8% partout en France. C'est la revalorisation forfaitaire annuelle des valeurs locatives, prévue à l'article 1518 bis du Code général des impôts, indexée sur l'indice des prix à la consommation harmonisé de novembre de l'année précédente. Elle s'applique seule, sans vote du Parlement. À 0,8%, c'est la plus faible progression depuis 2021 et vu les trois exercices précédents, cela ne se refuse pas.
| Année | Revalorisation des bases |
|---|---|
| 2023 | +7,1% |
| 2024 | +3,9% |
| 2025 | +1,7% |
| 2026 | +0,8% |
Ensuite le taux métropolitain et là le changement d'échelle est d'un autre ordre. Le 28 avril 2026, le conseil de Montpellier Méditerranée Métropole a porté sa part de taxe foncière sur les propriétés bâties de 0,16% à 5,8%. Une multiplication par 36, appliquée aux 31 communes.
Les 0,8% de revalorisation nationale valent quelques euros sur un avis. Les 5,64 points de taux supplémentaires en valent plusieurs dizaines, parfois plusieurs centaines.
Combien cela représente vraiment
Voici des ordres de grandeur relevés sur des cas réels de la métropole, pour la seule part métropolitaine. La valeur locative cadastrale dépend de la commune, de l'année de construction et du niveau de confort déclaré : à surface égale, deux logements peuvent s'écarter sensiblement de ces chiffres.
| Bien | Part métropole 2025 | Part métropole 2026 |
|---|---|---|
| Studio 35 m², centre-ville | environ 2€ | environ 79€ |
| Appartement 45 m² | environ 3€ | environ 109€ |
| Appartement 70 m², centre-ville | environ 5€ | environ 181€ |
| Maison 90 m² | environ 8€ | environ 290€ |
Ces montants s'ajoutent à ce que vous payiez déjà au titre de la commune et des ordures ménagères. Un bailleur qui détient trois T2 dans l'Écusson voit ainsi passer plus de 300€ de charges annuelles supplémentaires, prélevées sur le rendement net, sans que le loyer bouge d'un centime.
Si vous calculez la rentabilité d'un investissement locatif dans la métropole, cette ligne est à remettre à jour. Nos repères par quartier sont détaillés dans notre article sur les quartiers et la rentabilité à Montpellier en 2026, à croiser avec la correction des prix au m² observée au premier trimestre.
Ce que la Métropole met en avant et ce que lui répond l'opposition
La collectivité justifie la décision par le niveau de sa dotation globale de fonctionnement : 85€ par habitant, la plus basse de toutes les métropoles françaises. La hausse doit rapporter environ 44 millions d'euros de recettes supplémentaires, fléchées vers les mobilités (environ 350 millions d'euros de dépenses), les déchets (128 millions), la culture (76 millions) et le sport (41 millions).
En face, l'opposition dénonce une rupture avec l'engagement pris de ne pas augmenter les impôts locaux. Le débat politique ne changera pas votre avis d'imposition de 2026. Il dit en revanche quelque chose d'utile pour vos prévisions : à 5,8%, la part métropolitaine s'installe dans votre budget, ce n'est pas un rattrapage d'une seule année.
Le calendrier 2026 à tenir
Les dates comptent autant que les montants, parce que quelques jours de retard suffisent à déclencher une majoration de 10%.
L'avis est mis en ligne dans votre espace particulier sur impots.gouv.fr le 27 août 2026 si vous n'êtes pas mensualisé et le 19 septembre 2026 si vous l'êtes. Les avis papier, eux, partent entre le 21 septembre et le 9 octobre 2026, pour les propriétaires qui n'ont pas opté pour la dématérialisation.
Le 30 septembre 2026 est la dernière date pour adhérer au prélèvement à l'échéance et étaler le paiement de cette année. Viennent ensuite deux échéances : le 15 octobre 2026 pour un règlement par chèque, virement ou espèces, à condition que le montant ne dépasse pas 300€ et le 20 octobre 2026 pour le paiement en ligne, le prélèvement à l'échéance ou le prélèvement mensuel.
Entre la mise en ligne de fin août et l'échéance de mi-octobre, vous disposez de six à sept semaines pour absorber la hausse. Si vous détenez plusieurs biens, allez chercher vos avis dès le 27 août au lieu d'attendre le courrier : c'est ce qui vous laisse le temps de basculer en mensualisation pour 2027.
Les allègements qui existent et à qui ils s'adressent
La hausse du taux ne supprime aucun dispositif. Ils restent simplement peu demandés, faute d'être connus.
L'exonération totale sur la résidence principale vise les titulaires de l'allocation de solidarité aux personnes âgées ou de l'allocation supplémentaire d'invalidité, ainsi que les personnes de plus de 75 ans au 1er janvier, sous condition de revenu fiscal de référence.
Entre 65 et 75 ans, pour un propriétaire qui occupe sa résidence principale et respecte les mêmes plafonds de ressources, c'est un dégrèvement forfaitaire de 100€.
Il existe aussi un plafonnement en fonction des revenus : la fraction de cotisation qui dépasse la moitié de vos revenus peut être dégrevée, mais il faut la demander.
Les constructions neuves sont exonérées pendant deux ans, à condition que la déclaration soit déposée dans les 90 jours suivant l'achèvement. C'est le piège classique : passé ce délai, l'exonération est perdue et rien ne la rattrape.
Reste l'exonération temporaire après travaux d'économie d'énergie. Elle dépend d'une délibération de la collectivité, donc elle existe dans certaines communes de la métropole et pas dans d'autres.
Les conditions de ressources sont révisées chaque année. Vérifiez les plafonds en vigueur sur impots.gouv.fr ou auprès de votre centre des finances publiques avant de conclure que vous n'y avez pas droit.
Un dernier point pour les bailleurs : si vous engagez des travaux de rénovation énergétique pour sortir un bien du statut de passoire thermique, regardez si votre commune a instauré l'exonération. Le sujet rejoint directement celui de la nouvelle étiquette DPE 2026 et les deux se travaillent utilement ensemble.
Ce qui reste sous votre contrôle
La hausse est votée, elle s'applique dès l'avis de 2026 et elle concerne les 31 communes de la métropole. À court terme, votre marge de manœuvre porte sur la base : vérifier qu'elle est juste et ne laisser passer aucun allègement auquel vous avez droit.
Deux contrôles valent le temps qu'ils prennent. Le premier porte sur les éléments de confort déclarés au cadastre : une baignoire retirée il y a vingt ans, une dépendance démolie, un chauffage central supprimé continuent parfois d'alimenter la valeur locative. Le second concerne les biens rénovés ou divisés, où la déclaration ne correspond plus toujours à la réalité du logement.
Vous vous demandez ce que cette hausse change sur la rentabilité d'un bien que vous détenez ou d'un bien que vous regardez en ce moment ? Commencez par une estimation de votre bien, puis écrivez-nous : nous reprenons le calcul avec vous, chiffres en main.
Questions fréquentes
La hausse concerne-t-elle Montpellier seule ou toute la métropole ? Les 31 communes de Montpellier Méditerranée Métropole. La part métropolitaine est un taux unique, voté par le conseil métropolitain, qui vient s'ajouter au taux de votre commune.
Puis-je répercuter cette hausse sur mon locataire ? Pas la taxe foncière elle-même. Seule la taxe d'enlèvement des ordures ménagères est récupérable auprès du locataire, sur justificatif de l'avis.
Que se passe-t-il si je paie après la date limite ? Une majoration de 10% s'applique. En cas de difficulté réelle, un délai de paiement peut être demandé auprès du centre des finances publiques, de préférence avant l'échéance plutôt qu'après.
Mon avis me semble erroné, que faire ? Vous pouvez déposer une réclamation depuis votre espace particulier sur impots.gouv.fr jusqu'au 31 décembre de l'année suivant celle de la mise en recouvrement. Attention : la réclamation ne suspend pas l'obligation de payer, sauf demande expresse de sursis.



